HISTOIRE

 

La-rontonde-de-La-Vilette---Paris---Claude-Nicolas-Ledoux--La Rotonde de la Villette, ou barrière Saint-Martin, est l’une des barrières d’octroi du mur des Fermiers généraux. Construite juste avant la Révolution par l’architecte Claude-Nicolas Ledoux comme élément du mur des Fermiers généraux, elle s’inscrit comme un objet rescapé d’un immense et double projet, celui des commanditaires et celui de l’architecte, dont les ambitions étaient évidemment différentes.

Les critiques d’ordre politique adressées à cette construction audacieuse se doublèrent de critiques esthétiques pour l’architecte, accusé d’avoir pris des libertés excessives avec les canons antiques.

Une épigramme avait été rédigée en novembre 1787 :

« En vain de la muraille immense
Dont tu nous cernes dans Paris,
Par des brocards et des écrits
On persiffle l’extravagance.
Pour moi j’approuve ta raison,
Et j’estime ton plan fort sage ;
Ledoux, selon un vieux adage,
Il faut embellir sa prison. »

Mémoires secrets pour servir à l’Histoire de la République des Lettres en France, 1787

Ledoux formalisa ses conceptions innovantes d’un urbanisme et d’une architecture destinés à rendre la société meilleure, d’une Cité idéale chargée de symboles et de significations. Utopiste radical de l’architecture, enseignant à l’École royale des beaux-arts, il crée une nouvelle colonne formée d’une alternance de pierres cylindriques et cubiques superposées à l’effet plastique saisissant. L’époque est alors au retour à l’antique, à la distinction et au dépouillement.

L’œuvre de Claude-Nicolas Ledoux a été réévaluée depuis 1925. Reconnu comme un visionnaire par le cubisme, le surréalisme ou le postmodernisme, Ledoux est désormais considéré comme l’un des tout premiers architectes de son temps.

Alors que dans le cadre du projet des propylées, son architecte prévoyait d’ouvrir trois vastes guinguettes pour les “récréations du peuple”, la Rotonde est aujourd’hui à l’aube d’une nouvelle vie, rendue au public pour ce même usage par la Ville de Paris, épaulée par l’investisseur Cofitem-Cofimur et l’exploitant “la Belle Rotonde – équipe de la Bellevilloise à Paris”.

Ledoux voulait mettre sur la même échelle la guinguette et le palais :
il n’aurait donc pas renié cette nouvelle transformation qui offre au public ses “commodes ressources et doux loisirs”.
Jean-François Lagneau, architecte en chef des Monuments historiques